[ INTERVIEW ] Zakky Ottola : fondatrice de la marque Zakky’O !

Heyyyyyy everyody wassup ?!!!

Eh oui eh oui, c’est un BIG EVENT ! Le lifizmag fait son grand retour ! On tient d’ailleurs à s’excuser, on sait qu’on vous a manqué hein (lol).

C’est un real plaisir de vous retrouver, surtout de reprendre les inteviews. D’ailleurs si vous nous suivez sur lnstagram vous devez certainement être au courant de ce qui vous attend ici !

Anyway, stop le bla bla et place à l’interview de la belle Zakky Ottola, qu’on remercie au passage pour sa disponibilité et surtout sa patience.

Mais qui est-elle ? Eh bien c’est une jeune blogueuse originaire du Bénin. C’est une vraie mordue de mode, elle a d’ailleurs lancé sa propre marque de vêtements wax. Mais vous verrez qu’elle est pleine de surprises alors c’est parti !

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Hello Zakky et bienvenue. Merci de nous avoir accordé un peu de ton temps. Je vais commencer à parler de ta communauté Instagram, à quel moment as-tu décidé de te lancer ?

J’avais un compte depuis l’existence d’Instagram mais suite à la création de mon blog, j’avais décidé de me concentrer sur Facebook. C’est à partir de la fin de l’année 2017 que j’ai commencé à poster régulièrement sur Instagram. J’ai trouvé ça plus interactif et moins hypocrite que Facebook. Alors je m’y suis consacrée. D’ailleurs j’y ai rencontré beaucoup de personnes. Les gens disent qu’Instagram ce n’est pas la vraie vie mais on y fait de très belles rencontres. Je ne dirais pas que j’ai une communauté, mais des amis. C’est comme ça que je vois les choses.

Au-delà des interactions que t’as pu avoir sur Instagram, que voulais-tu partager sur ce réseau ?

Je me permets de remonter à la création de mon blog. Je voulais parler du bodyshaming, car j’en ai subi étant petite. Notamment du fait de ma grande taille, ce n’est que maintenant que je me rends compte qu’il y a plus grand que moi. Les gens se moquaient de moi en me disant « comment-peux tu encore manger alors que t’es déjà grosse ? » Et paradoxalement, les gens aujourd’hui me disent « comment peux-tu parler de bodyshaming alors que tu n’es pas une vraie plus-size ? ». Mais c’est parce que je veux parler de ce que j’ai subi étant plus jeune.

Dans un premier temps, mon blog s’appelait « péchémignondemoi ». J’ai changé car quand les gens entendent « péché mignon » ils pensent à de la pâtisserie ou des plaisirs sexuels. Donc j’ai décidé de revenir à mon nom, Zakky Ottola tout simplement.

Les blogs orientés bodypositive ne parlent que des femmes dites curvy mais d’autres femmes, même minces, ont des complexes. On ne peut pas promouvoir des personnes en voulant en discriminer d’autres. Je trouve que le mouvement bodypositive discrimine énormément les femmes minces, « quand vous êtes minces vous n’avez pas de problèmes, les hommes préfèrent les formes aux sacs d’os … ».

Quand j’ai intégré la communauté du bodypositive, je ne me suis pas sentie bien accueillie sous prétexte que je ne suis pas « assez grande taille ». Ca ne se voit pas du fait que je sois grande, mais je fais du 44.

L’intérêt était donc de parler bodypositive de manière plus large et moins ciblée.

As-tu eu des doutes quand tu as lancé ton blog ?

Je savais exactement où j’allais, mais mon problème c’était la gestion du blog au quotidien. Je ne savais pas comment intégrer cela à mon quotidien, ni comment créer du contenu photos. Car avoir un photographe représente un certain budget.

Au-delà de cela, les débuts sont toujours difficiles car tu as peu de followers. T’écris des articles pendant des heures pour avoir très peu de commentaires, voire aucun. J’ai voulu abandonner plusieurs fois à cause de cela. Mais mon entourage m’a encouragé à poursuivre.

Quels sujets sont trop sensibles à aborder dans tes articles selon toi ?

Le bodypositive justement (rires) ! Tu sais on m’a déjà dit « tu nous soûles avec ton affaire de bodypositive ». Parce que les gens ne comprennent pas à quel point c’est dur d’avoir des remarques désobligeantes sur ta morphologie.

Penses-tu que l’entourage a un impact sur l’image qu’on peut avoir de soi-même ?

Personnellement c’était surtout les inconnus qui me faisaient des réflexions. Moi je viens du Bénin et on m’a toujours encouragé à manger à ma faim dans ma famille (rires). Les remarques les plus difficiles venaient surtout des camarades de classe.

Toi qui es dans la mode, ne penses-tu pas que la mode n’est faite que pour une certaine morphologie ?

Disons les choses telles qu’elles sont, dans la mode le standard est au 34 et je trouve ça dommage de prendre une taille comme référence de beauté. Les agences de mannequinat se calquent sur ce standard.

Mais au final, même les curvys ont leur standard. Les femmes curvys qui sont mises en avant ont de gros seins, des bras pas trop gros et le ventre plat. A quel moment une femme ronde a-t-elle le ventre plat ? Du coup, même les femmes rondes se sentent exclues dans ce milieu dit curvy. Et elles ne sentent à leur place nulle part.

As-tu des femmes qui t’inspirent et qui te motivent à continuer dans ce que tu fais ?

Il y a un surtout un film qui m’a beaucoup inspiré c’est Pick Madame. C’est un film qui parle d’une plus-size qui souhaite créer sa marque de vêtements et qui va se battre contre les dictats de la mode.

Concernant les femmes qui m’inspirent, il y a Aslhey Grahamm, Fullfigured_fashion, Philomena Kwao, … Je m’inspire des femmes auxquelles je m’identifie.

On va parler de la solidarité entre blogueuses … On dit souvent que les blogueuses noires françaises ne sont pas solidaires entre elles, je souhaiterais avoir ton avis à ce sujet.

Je dirais les blogueuses françaises tout court. Quand tu n’as pas « assez de followers » on ne t’accorde aucune crédibilité. Dans la communauté des blogueuses plus-size, ça crache pas mal sur le dos des autres. Au début, j’avais voulu m’insérer dans cette communauté. Finalement, je me suis effacée.

Parlons à présent de la page RDVBAM (découvrez la page juste ici) ! Comment as-tu connu cette page ?

C’était au tout début de la page, une amie m’y a inscrite. J’y ai rencontré des gens adorables comme Oxtonyan. Je ne suis plus trop active sur le groupe mais j’y suis encore. Je ne retiens que du positif en tout cas et j’ai gardé contact avec certains membres.

Penses-tu que plus de rencontre devrait être organisées entre blogueuses ?

Oui totalement, ça permettrait aux gens d’être plus ouverts.

Que penses-tu du nouvel algorithme Instagram, as-tu subi un impact sur ta visibilité ?

C’est possible oui, car j’ai perdu en moyenne plus de 50 likes par post. Mais je m’en fous, je privilégie le contact avec les gens qui me suivent. Tout le monde a paniqué au vu de cet algorithme, mais je préfère ne pas me prendre la tête, ne pas me mettre la pression. Le plus important c’est de faire ce qu’on aime.

Quels mots décriraient ton style ?

Coloré, j’adore les imprimés notamment le wax. Et j’aime ajouter une touche d’élégance. J’aime oser et essayer de nouvelles combinaisons.

Qu’est ce qui est rédhibitoire pour toi dans un look ?

Décolleté + jupe moulante (rires). Je trouve ça vulgaire, ça va à d’autres personnes mais pas à moi.

Parlons de ta marque ZakkyO. As-tu eu un déclic pour te lancer ?

C’est une idée qui me trotte dans la tête depuis longtemps, j’avais peur. Et un jour je me suis lancée. Ça me paralysait depuis trop longtemps. J’ai tout simplement senti que c’était le bon moment, j’avais fini mes études je cherchais un emploi donc j’avais du temps. Je t’avoue que je ne sais pas comment ça va se passer, je n’ai pas de planning en tête. Je sais juste que je vais continuer, à mon rythme. C’est le projet de ma vie, il aboutira tôt ou tard.

Photo : Gwendoline Grn

C’est une marque orientée wax, c’est cette image que tu souhaites garder pour ta marque ?

Je ne veux pas me limiter au wax, j’en fais pour le moment mais je souhaite également me diversifier. C’est un très beau tissu, il y a beaucoup de choses à faire. Les gens me disent qu’il y a déjà beaucoup de marques qui travaillent le wax. C’est vrai, beaucoup de marques naissent d’autres meurent. Moi je veux m’inscrire dans la durée. Je prends mon temps, je ne me mets pas la pression et le résultat sera impressionnant.

Ne penses-tu pas justement que le wax représente un marché saturé ?

Pas du tout ! Je te donne l’exemple de Zara, Bershka, H&M, … ce sont à peu près les mêmes coupes et pourtant tout le monde achète là-bas. Si tu penses que tu peux faire quelque chose sur ce marché lance toi !

Quelle est ta cible ?

J’entends habiller les femmes qui aiment s’affirmer, peu importe leur morphologie, et qui aiment apporter une pointe de folie dans leurs looks.

Comment ça se passe au niveau de la production ?

Je fais mon board avec les motifs et couleurs qui m’intéressent, je l’envoie à une dessinatrice que j’ai d’ailleurs rencontrée sur le groupe RDVBAM. Je valide le dessin qu’elle me propose et je le communique à la couturière. En général, je préfère être sur place pour superviser les détails.

Sur la page instagram de ZakkyO, le fait main est mis en valeur. Est-ce une valeur essentielle à ta marque ?

Oui, le fait main par des femmes ! Car c’est un peu une organisation féministe. Il est important de reconnaître le travail de la femme, de montrer qu’elle s’autonomise. Je ne travaille qu’avec des femmes.

Photo : Gwendoline Grn

Quelles sont les difficultés liées à l’entreprenariat ?

Le stress ! C’est beaucoup de stress. Ce n’est pas facile, surtout au niveau des délais à respecter. Il y a des jours où tout va bien, et d’autres où rien ne se passe comme prévu. Au niveau du financement c’est également compliqué. Je ne roule pas sur l’or, mais mon moteur c’est ma motivation et mon envie de faire de ma passion mon métier.

Qu’as-tu envie de dire à toutes ces femmes qui ont des projets en tête mais qui n’osent pas ?

Lancez-vous ! On veut toujours attendre d’avoir plus de choses ou d’être à un autre niveau de notre vie avant de se lancer mais c’est juste de la peur. Ferme les yeux, lance-toi, et une fois que t’y es donne tout. C’est ma façon de voir les choses. Et il ne faut surtout pas se comparer. Je le fais souvent mais je ne devrais pas. Chacun a ses propres moyens et ambitions. Il faut juste aller à son rythme. Même si t’avances comme une tortue, continue d’avancer. Et dernière chose, il ne faut surtout pas écouter les critiques. Les gens auront toujours un avis négatif, mais ça ne doit pas nous empêcher d’avancer.

As-tu eu l’occasion de travailler sur d’autres projets ?

Oui le Carrefour des Modeuses au Bénin. C’était un événement qui rassemblait des marques locales. Il y avait des stands, des défilés, des ateliers, un peu comme la NHA. Ces marques proposaient d’ailleurs des vêtements pour tout type de morphologie. J’y tenais absolument. J’ai eu l’occasion d’organiser deux éditions.

Il y a eu une polémique récemment au sujet des marques comme Zara qui utilisent le wax dans leurs collections. On parle même « d’appropriation culturelle ». Qu’en penses-tu ?

Personnellement, ça ne me fait ni chaud ni froid. Je ne vois pas cela comme de l’appropriation culturelle, d’ailleurs on sait tous que le wax ne vient pas d’Afrique mais de Hollande. On s’est approprié ce tissu car il est très largement porté par les africains. Un de nos vrais tissus c’est le pagne par exemple. Pour les grandes marques, c’est un effet de mode. Donc il vaut mieux ne pas s’en préoccuper et développer nos propres marques. Petit à petit, on se tournera vers une production de masse. Comme cela on pourra mettre en valeur nos tissus.

Je vois que t’es plutôt ambitieuse. As-tu d’autres projets en tête ?

Oui mais j’avoue ne pas vouloir en parler pour le moment.

Zakky’O est disponible en ligne, comptes-tu viser les boutiques physiques ?

Non pas spécialement. Le e-shop permet de vendre partout dans le monde. J’envisage simplement de créer mon propre e-shop car les market-places ne me conviennent plus.

Pour ce qui est des ventes physiques, je pense éventuellement à des pop-up stores, des ventes privées …

Quelle est la gamme de prix moyenne des collections de ta marque ?

Pour la première collection test, ça va de 10 à 60€. Les totes bags sont à 10€ et la pièce la plus chère est une robe qui coûte 60€.

Te considères-tu comme une influenceuse ?

Non je ne pense pas avoir d’impact particulier sur ma communauté. Les influenceuses postent tout, moi je garde une certaine réserve. Quand je sors, je ne pense pas forcément à utiliser mon téléphone pour snapper. Et les photos que je publie sont issues de shootings. Donc je ne pense pas avoir le comportement d’une influenceuse (rires).

Aurais-tu un dernier mot aux lecteurs ?

Je dirais aux femmes qui ont peur de se lancer dans quelque projet que ce soit de sauter le pas. On ne sait pas de quoi est fait demain !

Vous pouvez retrouver Zakky Ottola et la marque Zakky’O sur Instagram !

Zakky Ottola : cliquez ici

Zakky’O : cliquez ici

Gwendoline Grn (photographe) : cliquez ici

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