[ INTERVIEW ] DATCHA DOLLAR’Z

Pina Colada, 7ième ciel, Vou & mwen, et plus récemment Quick, … Datcha Dollar’z enchaîne les tubes. Originaire de la Guadeloupe, on peut le compter parmi les artistes ayant marqué la musique antillaise ! Découvre, dans une interview exclusive pour le mag, cet artiste complet qui met tout le monde d’accord !

Mouss : Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Je suis Datcha Dollar’z, chanteur auteur interprète, manageur et producteur.

Mouss : Tu as commencé la musique à l’âge de 11 ans, qu’est ce qui t’a donné envie d’en faire ?

Quand j’avais 10 ans, un camarade du CM2 et moi aimions nous mettre en scène et interprété le titre « Femmes » du duo mythique de zouk, Alex Catherine et Richard Birman. À mes 11 ans, mon paternel a acheté une voiture, et la personne qui vendait ce véhicule était un chanteur de zouk (ironie). Du coup je lui ai fait savoir que j’étais intéressé par cela. Il m’a dit de commencer à écrire et qu’il viendrait un jour me chercher pour m’amener au studio. C’est ainsi que tout a commencé.

Mouss : Tu as toujours été bien entouré musicalement, quel artiste t’a le plus inspiré ?

Toujours bien entouré, oui. Mais je ne pense pas avoir été influencé par aucun de mes proches. Mes influences ont principalement été jamaïcaines, à commencer par Sizzla et Vybz Kartel principalement.

Mouss : Tu n’as pas lâché tes études pour autant, quel métier aurais-tu souhaité exercer en dehors de la musique ?

Avant de choisir la musique comme métier, j’ai fait du droit à l’université. Je voulais être avocat, je pense que c’est la seule chose à laquelle j’ai pensé faire étant plus jeune.

Mouss : Tu rencontres Krys en 2010, comment s’est passé la rencontre ?

J’étais en deuxième année de BTS et Julian (Tuyau) mon manager de l’époque m’a contacté pour me dire que j’avais rendez-vous avec lui. Je voulais me professionnaliser et travailler quelqu’un qui avait ce même état d’esprit c’était la suite logique pour moi. Il était de passage en Guadeloupe, on a discuté et dès notre première rencontre on était relativement d’accord pour bosser ensemble.

Mouss : Tu rejoins par la suite son label STEP OUT PRODUCTION ? Que retiens-tu de cette expérience ?

Ce que je retiens de cette expérience est tout d’abord l’autonomie. C’est d’ailleurs cela qui m’a poussé à être producteur. Il y a eu du bon comme du mauvais comme dans toute chose, et je n’en tire que le meilleur.

Mouss : Beaucoup te pensent en froid avec Krys, quelle est ta relation avec lui aujourd’hui ?

Ni bon terme ni mauvais, juste pas de terme.

Mouss : Tes clips sont de vrais succès, notamment 7ième ciel. Quelle importance accordes-tu à la visibilité des artistes sur les réseaux sociaux ?

Les réseaux sociaux sont devenus des outils de communication obligatoire à l’ère du digital. Je n’ai pas la prétention de les maîtriser pour autant, j’ai d’ailleurs parfois un peu de mal. C’est une autre époque, dans laquelle la musique ne repose plus juste sur la musique. Et la gestion de ces outils est fondamentale.

Mouss : En 2014, tu montes ton label indépendant ART MONEY GROUP. Quelle a été ta plus grande difficulté en tant que producteur ?

C’est sûrement le fait d’être artiste de la même génération d’autres artistes dont j’ai été proche et avec qui j’ai bossé. Le rapport professionnel et les intentions bienveillantes n’ont souvent pas été comprises par ceux dont je défendais les intérêts.

Mouss : Quels artistes produits-tu et quels sont ceux que t’aimerais produire ? 

Actuellement je ne produis plus d’artiste. Bien que j’ai consacré ces 5 dernières années à cela. Je ne compte que La Mafia en production et management, et je continue de travailler avec Warped depuis son titre « On fwa ». C’est Riko Debs et la structure Henri Debs & fils, qui a reprit le flambeau. Je ne projette plus trop d’objectifs à ce niveau car j’ai décidé de me reconcentrer sur ma propre carrière.

Mouss : Warped a de plus en plus de succès, comment l’as-tu rencontré ? 

Warped et moi nous connaissons depuis nos années lycée. Mais c’est en 2015 quand il a su que je travaillais avec Drex (de qui il est très proche), qu’il a été intéressé par le fait de bosser avec moi. C’est le premier artiste que j’ai totalement produit et managé dès le titre « Si maman si ». Depuis il m’a fait confiance au niveau de la gestion de sa carrière, et jusqu’à aujourd’hui j’ai fait du mieux que j’ai pu.

Mouss : Beaucoup disent qu’il est « sous côté », que nous réserve-t-il pour la suite ? 

Sous côté je ne sais pas si c’est le terme, mais c’est clair qu’il peut être beaucoup plus loin, malheureusement nous faisons les choses comme on peut avec nos moyens et la volonté de l’intéressé reste la base. Et c’est un artiste atypique qui n’est pas forcément attiré par la lumière ni le show business, ni les notions de volonté de réussite que l’on rencontre traditionnellement. Du coup c’est principalement un Artiste avec un grand A, qui ne cherche pas à arrondir les angles pour plaire.

Mouss : La musique antillaise a de plus en plus de visibilité, notamment grâce aux artistes Kalash, Admiral T, Kerosn, Pon2Mik, … Selon toi, que reste-t-il à faire afin d’atteindre d’autres niveaux ? 

Je pense que la musique antillaise n’a jamais eu autant de visibilité qu’avec le groupe Kassav. Aujourd’hui nous avons un grand nombre d’artistes talentueux qui arrive à se faire un nom au delà de notre niche antillo-guyanaise, mais je m’interroge sur l’aspect identitaire qui pour moi se veut diluée face aux effets de cette mondialisation généralisée. C’est à dire que les nigériens par exemple ont leurs propres codes et genre musicaux et ils l’exportent. Qu’exportons nous ? Ceci est un avis et une analyse sans prétention et sans rejeter la responsabilité sur X ou Y, ni même m’exclure du lot.

Mouss : Quels artistes US t’inspirent le plus ? 

Je ne suis pas inspiré par les artistes US musicalement mais je dirai que je prends exemple en terme de stratégie. Par exemple la carrière de Tyga et son come back sont une source d’inspiration pour moi, et je mets cela en corrélation avec la question précédente. Il est venu avec son propre style, un style west coast new age. Et il a comme beaucoup été dispersé dans d’autres styles qui étaient devenus plus tendance. Bien qu’il ait réussi à faire « des coups » avec des single qui ont rencontré le succès, ça ne donnait pas d’identité propre à sa musique. Pas de quoi avoir une raison précise de l’écouter lui au lieu d’un autre.

Et depuis l’an dernier il a effectué un incroyable retour en reprenant ses propres codes de la Côte Ouest, ceci de manière revisitée et actualisée. Depuis chacun de ses titres est signé de son empreinte tant au niveau instrumental qu’au niveau de son flow et son écriture. Du coup le consommateur sait pourquoi il vient et n’est donc jamais déçu. Au final Tyga fait du Tyga et Migos fait du Migos… celui qui copie l’un de des deux ne se fait donc pas réellement sa place, à mon humble avis.

Mouss : Tu as travaillé avec Larose, penses-tu que la femme est suffisamment représentée dans le milieu musical ? Notamment aux Antilles, … 

Je pense que les femmes se font de plus en plus de place et donc respecter. Mais il y a malgré tout un manque de femmes dans notre milieu. J’aurais aimé en voir d’autres.

Mouss : De nombreuses personnes pensent que le dancehall est mort en Guadeloupe et que la Martinique a pris la relève. Quel est ton avis là-dessus ? 

Mon avis est que la Guadeloupe n’a jamais créé musicalement son propre style en terme de dancehall. À la différence de la Martinique qui a gardé cette base ragga pour en faire ce qu’on appelle plus communément « Shatta ». Le dancehall vient de la Jamaïque donc faire des titres sur des riddims « made in Jamaïca » c’est une chose, mais créer son propre style à partir d’un genre a selon moi plus de poids. Là, il y a matière a parler de culture, d’identité, et d’exportation. La pop est le haut de la pyramide, en dessous il y a des tendances, et des sous tendances. Chaque rang s’inspire de celui du dessous. Chez nous on appelle cela « dancehall shatta » quand en Europe ils font leurs propre version et appelle cela « moombathon » ou à La Réunion ils appellent cela « Gommance ».

Donc non je pense que le dancehall antillais a encore beaucoup d’avenir encore faut-il qu’on se rende compte des richesses que nous avons et qu’on se serre les coudes au lieu de se tirer dessus. Jusqu’à là le gwo ka, la biguine, le quadrille antillais et le zouk sont les seuls genres qui nous appartiennent réellement à mes yeux, jusqu’au shatta. Car bien qu’on aime beaucoup le bouyon en Guadeloupe, ça reste une musique originaire de l’île de la Dominique.

Mouss : Tu as sorti ton denier titre Quick, qu’as-tu prévu pour 2019 ?

Mon titre Quick est mon premier morceau dancehall shatta. Mr Francky qui en est le compositeur et moi continuons de travailler sur ce genre afin de finir par trouver nos marques et nos propres codes. Nous prévoyons d’en sortir plus d’un.

 

Mouss : Tu as d’ailleurs travaillé avec Jonathan CARBOT sur ce titre, comment l’as-tu rencontré ? 

Il y a quelques années, il m’a proposé ses services et nous avons travaillé sur un titre. Et depuis nous sommes restés en contact. J’avais besoin de quelqu’un d’autre que moi, et quelqu’un de compétent afin de défendre Quick. Du coup j’ai fait appel à lui en tant qu’attaché de presse.

Mouss : Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Je remercie tous ceux qui suivent mon travail et merci à vous pour cette interview.

 

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